Si tu penses avoir tout fait en ville, viens voir le sport de ce mois de janvier : le street golf.
Salut à toi, cher athlète 😁 ! C’est Loïc. Pour commencer :
Que tes vœux les plus chers deviennent réalité ! Pour ma part, essayer de choper le moins de courbatures possibles sera déjà un bon début ✨
Je te retrouve un peu plus tard que d’habitude, fêtes de fin d’année obligent. Mais j’espère que tu vas apprécier le sport que je vais te présenter : le street golf (soit “golf de rue” ou “golf urbain”, dans la langue de Molière). Ou même crossgolf. Enfin, beaucoup plus rarement, sans doute pour ne pas le confondre avec la Volkswagen 🚙
Dans tous les cas, c’est une discipline proche du golf, qui se joue… dans la rue (facile, non ?) et l’espace public.
Albert Péronne et Roye, tel est notre ghetto… (© M. W.)
Bon, le 11 janvier dernier, j’ai passé la matinée à Albert, dans les Hauts-de-France – avec un autre ami photographe (merci à lui !) – pour participer à l’entraînement du Collectif Golf de rue Albert-Amiens.
Maintenant, tu sais situer Albert sur une carte. © CartesFrance.fr
Et j’y étais sous des températures négatives, d’où la doudoune 🥶 !
Mais tu n’auras pas à braver ce froid. En 2025, je ne vais pas perdre mes bonnes habitudes : ① tu vas voir pourquoi le street golf, c’est bien plus qu’une copie du golf traditionnel ; ② si je suis devenu son Tiger Woods et ③ les réponses du président du Collectif Golf de Rue à mes questions 👀
Comme Johnny 🎶
En réalité, les origines du street golf sont assez floues. Certaines sources indiquent que le sport serait apparu dans des rues d’Allemagne ou d’Inde durant les années 1990. D’autres, cependant, se font plus précises. Un Allemand, Torsten Schilling, l’aurait inventé en 1992 en jouant au golf dans des couloirs d’hôtel. Il a par la suite fondé le groupe des Natural Born Golfers.
Selon le centre culturel PLATOON, ces pionniers du street golf outre-rhin voulaient “démanteler ce sport élitiste” et “naviguer dans la ville d’une toute nouvelle manière”. Ils inventèrent un art de vivre avec leur pratique, en finissant souvent leurs sessions par de grosses fêtes. Au point où Torsten Schilling inventa une marque de vodka. Son nom ? Natural Born Golfers.
Torsten et sa vodka. (© PLATOON et Urban Drinks)
Enfin, cette histoire, ça concerne la version moderne de cette discipline. Celle que j’ai testée à Albert. Parce qu’en réalité, elle serait plus ancienne. Selon la Fédération française de street golf, les Écossais y jouaient avant même que le golf traditionnel n’apparaisse à la fin du XVIIIe siècle !
🌍 Aujourd’hui, des milliers de personnes jouent au street golf à travers le monde. En France, pas moins d’une trentaine d’équipes — dont le Collectif Golf de rue — sont membres de la fédé.
Si tu as déjà fait du golf (en vrai, pas seulement sur Wii Sports), les règles du street golf ne devraient pas te dépayser. Ce sont, à peu de choses près, les mêmes : des golfeurs doivent frapper dans une petite balle avec leurs clubs. Celui qui a donné le moins de coups au bout du parcours (composé généralement de 9 ou 18 trous) gagne ⛳
Ce qui change ici, c’est qu’on est loin des terrains verdoyants que tu as pu voir aux Jeux olympiques. Ici, on va éviter de lancer la balle dans un trou, au risque de ne plus pouvoir la récupérer. À la place, une surface servira de “cible” à atteindre : un mur, une porte, une table de pique-nique, un poteau… C’est tout bonnement une autre approche.
Ici, la cible, c’est le dessus de la table. (© M. W.)
C’est aussi le grand avantage du street golf : tu peux y jouer partout, même dans ta propre rue (oui oui) ! Grâce à des balles qui ne cassent rien (ni fenêtres ni dents), plus légères que les balles de golf habituelles 😇
Mieux encore, pour accéder aux parcours, tu n’auras pas à payer de droit d’entrée (plus de 1 000 euros sur un terrain de golf privé !) ou de “carte verte” (diplôme obligatoire pour accéder aux parcours traditionnels… qui coûte plusieurs centaines d’euros).
Crois-moi qu’au contraire, le golf de rue est un sport accessible à tous. La preuve, j’ai pu en faire pour la toute première fois ⏬
Au Collectif Golf de rue Amiens-Albert, on confie d’entrée de jeu un club aux novices comme moi. Avec un premier objectif : apprendre à “soulever” une balle, c’est-à-dire, la lancer haut et loin. C’est pas plus mal : ça permet d’échauffer les hanches, le tronc et les bras 🏌️
De plus, la météo a servi à quelque chose : il faisait si froid que la fontaine de la basilique d’Albert était gelée, la transformant en parfaite “cible” d’entraînement. À condition, bien sûr, de faire attention à là où on met les pieds 🧊
Presque ! (© M. W.)
Pour bien frapper la balle, il ne faut pas avoir peur de racler le sol avec son club, sans frapper trop fort. Après quelques essais, j’ai réussi à atteindre la cible gelée. Les gestes de base s’apprivoisent vite 😉
Au fond, au golf de rue comme pour son “frère”, ce qui compte le plus, c’est la concentration, la dextérité et la précision. Des qualités nécessaires, si tu veux – par exemple – que ta balle ne finisse pas sur le trottoir d’en face. Toutefois, je ne te cache pas que personne ne devient expert en deux heures ! Du travail et de la détermination sont, à l’image des autres sports, primordiaux.
Devant l’Hôtel de ville, direction la prochaine cible ! (© M. W.)
Cette session d’entraînement a aussi été l’occasion de visiter Albert autrement : de la Basilique, nous sommes passés à une médiathèque, puis entre l’Hôtel de ville… et un marché, pour finir par le jardin public d’Albert. En prime, il fallait envoyer sa balle à travers l’étang à canards 🦆
Un obstacle de taille (© M. W.)
On fait plus attention aux détails en tout genre (qui remarque vraiment les plaques d’égout ? les poteaux ? l’inclinaison des chaussées ?). Ce matin-là, Albert était à nous.
Fort heureusement, Quand bien même je suis très loin de devenir le futur Tiger Woods de cette discipline, cette première expérience a été géniale 😌
Certes, faire du golf dans la rue est une expérience bien étrange. Mais pourquoi s’en soucier ? Même les passants qui s’arrêtaient pour nous observer trouvaient ça hyper-chouette. Si tu veux t’amuser différemment dans ton patelin, mise donc sur ce sport et sa variété presque infinie d’obstacles et de cibles.
→ Être rapidement à l’aise avec un club dans la main (le golf, c’est pas facile, mais c’est pas impossible non plus) ;
→ Pouvoir jouer dans cadre urbain, qui t’impose de voir la ville autrement ;
→ Être sans cesse challengé : il y a toujours un obstacle qui bouge, ou un autre qui apparaît !
→ Devoir jouer entre froid et verglas, un club en acier à la main ❄️
Mais rien n’est trop beau pour toi, non ? Je me suis fait un chocolat chaud en rentrant, de toute manière ☕
Avant de quitter Albert, j’ai tout de même interviewé Cyrille Bourguignon, président du Collectif Golf de rue Albert-Amiens. Il pratique ce sport depuis quinze ans maintenant !
Moi : Pourquoi as-tu choisi de faire du street golf ?
Cyrille : J’ai toujours été intéressé par le golf, mais sans en avoir les moyens. Il fallait payer une carte verte, un droit d’entrée… Au street golf, tu n’as pas toutes ces contraintes. J’ai commencé avec un club acheté à Décathlon.
C’est par l’équipe du Dix Neuvième Trou à Paris qu’on a commencé à jouer et à participer aux premiers tournois dans des terrains de jeu incroyables comme la Défense. On a ensuite eu l’envie de créer un club ici en Picardie.
Moi : Ton meilleur souvenir de golf de rue ?
Cyrille : Les tournois de Paris étaient incroyables. Jouer à la Défense, à Bercy, près de Notre-Dame, c’est des choses qu’on fait pas souvent, c’est fou.
Moi : Tu dirais quoi pour convaincre quelqu’un d’essayer cette discipline ?
Cyrille : Tu as envie de sortir, de t’éclater et prendre l’air ? Tu veux jouer au golf et tu n’as pas de sous ? Moi, je te propose de jouer au street golf !
Le street golf est un sport en plein développement en France ! De nouveaux parcours ouvrent fréquemment, celui de Saint-Gratien (Val-d’Oise), en juillet dernier. Le site de la Fédération française de street golf recense aujourd’hui une trentaine d’associations pour t’y essayer ➡️ streetgolf.fr/federation/
© FFSG
De nombreux évènements ont lieu quelque soit la saison : la page de la fédé est également très utile pour te tenir au courant 🤓
J’espère évidemment que tu as autant aimé cette newsletter que j’ai aimé découvrir ce sport.
Le mois prochain, on reste dans les Hauts-de-France pour tester une discipline qui aurait bien pu ne rester qu’un jeu… À bon entendeur, salut ! 😌
N’hésite pas à m’envoyer un commentaire ou une suggestion !