Si tu es du genre à oublier les zones du terrain, le sport de ce mois de février va te changer la vie : le roundnet (ou spikeball).
Bonjour, bonsoir ! Ici c’est Loïc 👋🏾
Le 23 janvier dernier, je me suis rendu à Abbeville, pas loin de la baie de Somme.
Abbeville, Albert, Amiens… Pourquoi les Picards aiment-ils autant les villes en A ? © CartesFrance.fr
Pourquoi la baie de Somme ? Pas pour bronzer – ça aurait été difficile vu la période – mais pour découvrir le roundnet, ou spikeball, avec les SpikeBees d’Abbeville lors de leur premier entraînement de l’année ⏬
Mon premier service, devant le filet. Je précise, la balle finira dans le décor. (© C. C.)
Avant de continuer, il faut que je te précise quelque chose d’important : le sport que je vais te présenter s’appelle bien le roundnet, mais pour beaucoup, son nom reste… le spikeball.
Pourquoi deux appellations pour une même discipline ? Eh bien, tu vas connaître la réponse à cette question et plus encore tout de suite, car aujourd’hui, je vais aborder ① l’invention du spikeball/roundnet ② mon test avec les SpikeBees et ③ les questions que j’ai posé à Baptiste, président du club. C’est parti ! 👇🏾
Lorsqu’il invente le spikeball en 1989, l’Américain Jeff Knurek n'a pas en tête de créer une nouvelle discipline sportive. Loin de là. À l’époque, il occupe enfin son job de rêve : concepteur de jeux et de jouets. Le spikeball est l’une de ses trouvailles, et il se rend très vite compte qu’elle peut cartonner.
© thatroundnetpodcast et clubspike sur Instagram
En 2020, il dira au média allemand Magazine of Unpopular Sports : “Dès le début, je savais que c’était quelque chose de spécial [...] que les règles et l’équipement de spikeball étaient si simples qu’il pourrait et devrait être un succès.”
Jeff Knurek n’est pas le seul à y croire, et le fabricant japonais TOMY commercialisera des kits de spikeball jusqu’à la moitié des années 1990. Néanmoins, après, plus rien…
Le kit original de spikeball de 1989. (© TOMY Games / Grove City College)
Évidemment, l’histoire ne s’arrête pas là 🤭
En 2003, un autre Américain, Chris Ruder, redécouvre le spikeball avec des proches, lors de vacances à Hawaï. Bien qu’il n’était pas un grand amateur de sports – de son propre aveu –, il veut le sortir de l’oubli. Déterminé, il rachète les droits de la marque, lance la société Spikeball Incorporated en 2008 et un site de vente en ligne dans la foulée.
Le temps passe et l’entreprise de Ruder grandit. Au point de passer dans Shark Tank, l’équivalent américain de l’émission Qui veut être mon associé ?, en 2015. Si sa notoriété explose avec ce passage télé, il n’y aura finalement pas de deal avec un investisseur : celui-ci voit le spikeball comme un jeu pour enfants. Ruder, lui, ne le conçoit que comme un sport. Hors de question de faire des kits Spiderman, par exemple.
Ce succès grandissant a posé un problème particulier à la société Spikeball Inc. Aux États-Unis, si une marque devient un nom commun ou un verbe, le copyright dessus peut tomber. Pour garder le nom spikeball pour elle toute seule, la société renomme la pratique roundnet.
🤓 Maintenant, tu sais pourquoi ce sport a deux noms. Roundnet, celui du sport en tant que tel. Spikeball, c’est la marque déposée du fabricant historique.
Là, rendons à César ce qui est à César : dans son interview au Magazine of Unpopular Sports, Jeff Knurek précise que les règles du sport sont – à peu de choses près – restées les mêmes. Comme quoi, il était sans doute apparu en avance sur son temps 🤔
Règles de base qui, au premier regard, ont l’air plutôt simples. Prends deux équipes de deux joueurs (idéalement). Entre eux quatre, un filet de trampoline de 90 centimètres de diamètre et 20 cm de hauteur. Place dans leur main un ballon d’une dizaine de centimètres de diamètre.
Après le service, chaque joueur peut se déplacer n’importe où. Chaque équipe a le droit à trois touches maximum avant de devoir viser le filet. Si tu l’atteins, tu marques. Sinon, point à l’équipe adverse. Évidemment, si tu n’arrives pas à rattraper le ballon, c’est aussi point à l’adversaire.
Si je n’avais pas touché la balle une quatrième fois, ça aurait fait un joli premier but, non ? (© C. C.)
J’ajoute que tu ne peux pas gêner ceux d’en face : ils doivent pouvoir s’échanger la balle ou viser sans obstacle… La non-obstruction et ce filet de trampoline, ça ne te rappelle rien ? Si tu me suis depuis longtemps, ça devrait 😌 !
Le roundnet est très proche d’un autre sport insolite que j’avais testé il y a quelques mois : le tchoukball. (Si tu ne l’as pas encore lu ma newsletter dessus, je t’invite chaudement à le faire). Outre le tchouk, le roundnet compte également le volleyball parmi ses cousins. Ils sont tous deux très populaires sur les plages 🏖️
Et dans les trois disciplines, des mouvements amples et une grande rapidité te seront nécessaires. Toutefois, je te rassure, sans qu’une partie devienne impossible ou infernale.
Aujourd’hui, le roundnet est pratiqué par quatre millions de personnes à travers le monde.
Au SpikeBees d’Abbeville, ils sont une douzaine à jouer toute l’année, en intérieur ou en extérieur, selon les saisons. Et c’est là que réside une de ses particularités les plus évidentes.
Je te vois venir : certes, ce n’est pas le seul sport à pouvoir se pratiquer sur différents terrains, dehors comme dedans. Mais la grande différence ici, c’est qu’on peut faire du roundnet presque partout ! Facile, quand il n’y a pas de limite extérieure au terrain. Seule une zone de 2 mètres de diamètre (avec le filet en centre) est interdite lors du service et du dernier tir autorisé avant une tentative de but. En théorie donc, il suffit d’avoir au moins une balle et un filet pour pouvoir y jouer.
Quelques balles et un filet : que demander de plus ? (© C. C.)
Cette spécificité du roundnet va sans doute plaire à deux catégories de personnes : les nomades et ceux qui ne savent jamais où s’arrête le terrain (ce qui ne fait pas partie de mes défauts. Enfin, pas toujours 😅). Mais il ne faut pas en avoir peur : l’action se déroule toujours dans une proximité relative du filet.
Et je dis ça, car je m’y suis essayé. Regarde ce que ça a donné 👇🏾
Première étape : apprendre à servir. Il faut lancer la balle à l’adversaire en face tout en la faisant rebondir sur le filet. Fort heureusement, tous les joueurs ont droit à une deuxième tentative après un service raté. Après, c’est point à l’adversaire 🚫
Pour réussir ne serait-ce qu’un service, j’ai dû m’y reprendre à près d’une dizaine de fois. Au roundnet, il faut savoir jauger correctement les distances et sa force à chaque tir. Ça ne sert à rien de servir ou de tirer fort tout le temps, ton équipier risque de ne pas pouvoir la rattraper.
Passé un début de maîtrise des services, voici venue l’heure des matchs. Apprendre à bien servir était compliqué. Tirer tout en étant en mouvement – sans position établie, terrain sans limites oblige – m’a semblé l’être encore plus. Il faut sans cesse rester vif et agile.
Une balle qui a la couleur d’une patate chaude, et qui se refile tout comme. (© C. C.)
Certes, un set peut aller jusqu’à 21 points (avec deux points d’écart de différence minimum), mais un match peut être plié en quelques minutes. En matière de vitesse, crois-moi que les joueurs du SpikeBees portent bien leur nom !
Alors oui, comme au tchoukball, j’ai souvent lancé le ballon au mauvais endroit, à la mauvaise personne ou dans un endroit saugrenu loin du but. Malgré tout, le roundnet reste un sport captivant, challengeant et amusant, surtout si tu acceptes de ne pas être super bon d’entrée de jeu.
Plus tu progresses, plus tu te gagnes en liberté et en créativité, sans compter de nouveaux réflexes.
→ Découvrir des nouvelles manières de me déplacer, des nouvelles positions pendant un jeu de ballon ;
→ Alterner très rapidement des lancers calmes et des échanges très vifs ;
→ Devoir lier force, précision et réflexes pour bien viser.
→ Ce sentiment d’insatisfaction à la fin de la première séance : j’étais encore d’avoir appréhender la réalité d’un match de roundnet. Cependant, pour être honnête, ce n’est pas si grave, car ça donne envie de persévérer 💪🏾
À la fin de cette séance de découverte, j’ai pu discuter avec Baptiste, le président des SpikeBees d’Abbeville. Avec trois autres joueurs, il a lancé le club pendant le Covid en 2020, et par la suite, tout est allé “très vite”, selon lui.
Moi : Pourquoi as-tu choisi de faire du roundnet ?
Baptiste : Je suis tombé dessus sur des gens qui y jouaient sur la plage, sur les réseaux en 2017. Pendant trois ans, on y jouait qu’une fois par an, sur la plage. On n'est pas nombreux parce qu’Abbeville est une petite ville, mais il y a toujours eu des joueurs à l'entraînement. Au début en loisir, maintenant vers de la compétition.
Moi : Ton meilleur souvenir en roundnet ?
Baptiste : Les Championnats de France il y a deux ans. Avec mon partenaire de tous les tournois, on a fini onzièmes. Bon résultat, je pense. On s’était beaucoup entraînés.
Moi : Tu dirais quoi pour convaincre quelqu’un d’essayer ?
Baptiste : Il faut essayer. Ceux qui essayent restent. On a quasiment personne qui a essayé et qui est reparti. Mais c’est pas facile, car il n’y a pas encore beaucoup de clubs, surtout dans le nord de la France.
Lis ce beau teaser de Roundnet France, la Fédération française de roundnet : “Vous ne le savez peut-être pas encore, mais on joue partout, et sûrement pas très loin de là où vous êtes ?” 👀
Je suis tenté de dire qu’ils n’ont pas tort : il existe aujourd’hui plus d’une trentaine de clubs dans toute la France 🇫🇷. Ils sont tous à retrouver sur la carte de la fédé à l’adresse suivante : roundnetfrance.fr/clubs-et-communautes/liste-des-clubs
© Roundnet France
Ce site est également super utile pour retrouver les infos sur les dernières compétitions et les règles officielles du roundnet 🙂
Je boucle cette lettre de février en espérant que ce sport te fasse désormais envie ! Et une fois n’est pas coutume, je pense à tous ceux qui nous lisent, hors de France… Sachez qu’il existe également une fédération européenne ainsi qu’une fédération internationale pour cette discipline.
De quoi faire du roundnet comme les Daft Punk : Around The World !
Je te laisse sur ce morceau qui pourra accompagner tes prochains matchs ! On se retrouve dans quelque temps pour une autre discipline venue… d’un autre monde 💫
D’ici là, prends soin de toi et à la prochaine !
Merci beaucoup aux SpikeBees d’Abbeville et à leur bienveillance !